Les organisations internationales et les bailleurs échouent rarement faute d’idées, d’expertise ou d’argent. Ils échouent lorsque les intérêts nationaux des États membres tirent les mandats, les financements et les indicateurs dans des directions divergentes — vidant de sa substance la capacité de mise en œuvre et produisant un soutien sélectif qui laisse intacts les arrangements politiques et les mécanismes de rente qui entretiennent la fragilité.
L’ouvrage procède par cas : coalitions de sécurité au Sahel, pactes migratoires européens, goulets d’étranglement des chaînes pénales, stratégies de reconstruction. Chaque cas est lu comme un problème d’alignement entre ce que les partenaires sont prêts à soutenir et ce dont l’État fragile a réellement besoin.
Il en tire deux instruments : un manuel de gouvernance minimale viable (Minimum Viable Governance) et des pactes conçus pour déplacer l’arrangement politique lui-même plutôt que de le contourner.