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Pour une nouvelle révolution industrielle française

Julien Serre

La France ne fabrique plus assez non parce qu’elle manque de capital, de talents ou de technologies, mais parce qu’elle a cessé d’organiser politiquement le fait de produire.

À propos de l’ouvrage

Neuf pour cent de la richesse produite en usine, dernier rang du G7 derrière l’Espagne, la moitié des usines perdues entre 1995 et 2015. Une seule filière est structurellement excédentaire : la défense, deuxième exportateur mondial.

Cette exception n’a rien d’un hasard. Depuis 1961, la Direction générale de l’armement pratique ce que la France ne fait plus nulle part ailleurs : commande publique tenue dans la durée, origine nationale des fabricants exigée par contrat, actifs critiques protégés du rachat étranger. La thèse du livre est d’étendre cette grammaire au reste de l’appareil productif.

Faire en tire une doctrine — le capitalisme d’État stratège, un État qui fixe le cap et protège le capital sans se substituer aux entrepreneurs — et soixante-dix propositions, dont dix-huit phares, chiffrées une à une. L’ouvrage s’adresse explicitement à ceux qui auront à décider en 2027.

Quatre points d’appui

Pour une nouvelle révolution industrielle française

01

Financer sans impôt nouveau

Les ménages français détiennent plus de 6 000 milliards d’euros d’actifs financiers hors immobilier, dont les deux tiers sont peu rémunérés — une épargne qui finance aujourd’hui la dette d’autres États plutôt que nos usines. Le Fonds Souverain Productif, filiale capitalisée de la Caisse des dépôts au capital rendu inaliénable par la loi, occupe la première perte et mobilise 30 milliards par an sans dépense budgétaire nouvelle.

02

Souveraineté et réarmement

Le révélateur ukrainien sert de démonstration : cadence Caesar passée de deux à douze pièces par mois, mais des PME sous-traitantes travaillant sur bons de commande à trois mois et des dépendances mal traitées — titane, poudres, terres rares. D’où une loi de programmation industrielle calquée sur la LPM, une refonte du contrôle des investissements étrangers et un réarmement commercial assumé.

03

L’IA et le déclassement des cadres

Renversement du récit dominant : l’intelligence artificielle frappe d’abord le tertiaire qualifié — conseil, back-office bancaire, droit répétitif, audit, fonctions support —, soit près de trois millions de personnes exposées en France. Le réel industriel, lui, résiste. Le livre y voit la chance des ateliers, à une condition : bâtir les Passerelles Industrie avant le torrent.

04

Le coût de produire

Dix-huit pour cent de la valeur ajoutée industrielle prélevée en France contre dix en moyenne européenne ; des impôts de production à 3,3 % du PIB contre 0,7 % en Allemagne ; dix-sept mois pour une autorisation ICPE. Réponses : retour à la moyenne européenne, règle d’or des neuf mois, Zones d’Innovation Productive.

Le chiffrage, en scénario central

850 000

emplois à dix ans

+2,3 pts

de PIB à dix ans

34 Md€

de solde commercial redressé par an

5 pour 1

de rendement sur les instruments directs

Repères

Structure

24 chapitres en cinq parties

Propositions

70, dont 18 phares

Annexes

Deux annexes de chiffrage, sur trois scénarios

Positionnement

Ni nostalgie colbertiste, ni laisser-faire